Charles Antoine Amand Lenglet, orfèvre et sculpteur

Charles Antoine Amand Lenglet est né le 25 février 1791 à Levergies (02 – Aisne).
Il est décédé le 23 octobre 1855 à Paris.

Il est le fils légitime de Honoré Romain Lenglet, fabricant de toiles, mulquinier et cultivateur et de Marie Anne Béatrice Malézieux.

Il passe sa jeunesse à Saint-Quentin.

Il se rend à Paris et devient graveur sur acier puis bijoutier orfèvre. Il fait l’acquisition de  l’établissement de l’orfèvre Jean Pierre Nicolas Bibron.

Le 25 octobre 1823 il fait insculper son poinçon (un lion et une étoile au-dessus, entourés des lettres C.A.L.).
Il habite 32 rue de Bourg l’Abbé à Paris.

En 1843, il le vend son établissement à l’orfèvre Pierre François Augustin Turquet et décide de s’adonner à la sculpture. Il devient l’élève de Pierre Cartellier (1757-1831).

Pour son premier Salon des Artistes Français en 1846, il expose deux marbres représentant des bustes : le Buste du Général A. et le Buste de feu M. H. L..

L’année suivante, il expose au Salon de Paris de 1847, « La Fileuse ». Cette statue valut à son auteur une médaille de troisième classe. La Ville de Saint-Quentin, la demanda au ministre de l’Intérieur, en novembre 1849. L’État acquit l’œuvre pour la somme de 6 000 francs par arrêté du 27 avril 1850 et l’envoya à Saint-Quentin le mois suivant. Elle est conservée au Musée Antoine Lécuyer de Saint-Quentin.

La Fileuse de Charles Antoine Amand Lenglet

Depuis 1850, le musée municipal accueillait une autre sculpture de l’artiste, Une Fileuse, qui lui avait valu une médaille de 3e classe lors de son exposition à Paris au Salon de 1847. Profitant de la politique du gouvernement favorable aux arts, consécutivement à la Révolution de 1848, le Conseil municipal de Saint-Quentin sollicita l’œuvre de Lenglet par une supplique du 12 novembre 1849 adressée au ministre de l’Intérieur et conservée aux Archives nationales : « Nous serions très heureux d’orner notre musée de sa fileuse qui, par une naïve allégorie, rappellerait, le dimanche, à plus d’un visiteur, les travaux auxquels il doit ou le pain de sa famille ou son opulence. Cette sculpture deviendrait donc le symbole, les armes parlantes, en quelque sorte, de notre industrieuse Cité ». Saint-Quentin était alors le théâtre d’une florissante industrie textile (le père de Lenglet était lui-même fabricant de toile). Consulté le 14 février 1850, l’inspecteur général des beaux-arts J. Garraud estima : « C’est une charmante statue exécutée avec talent. Les extrémités sont traitées avec soins et beaucoup de finesse, l’ensemble général de cette figure est d’une grande naïveté, c’est du reste l’œuvre d’un artiste encore jeune qui mérite la bienveillance de l’administration ». Fort de cet avis, Charles Blanc, le directeur des Beaux-Arts la fit acquérir pour la somme de 6000 francs par un arrêté du 27 avril 1850 et l’envoya à Saint-Quentin. Emblématique de l’activité de la Ville, elle fut sans doute la première sculpture du musée municipal et subit toutes les vicissitudes de l’Histoire ; pendant la guerre de 1914-1918, elle était installée dans la cour du musée, comme en témoigne une carte postale ancienne.
La restauration qui vient de s’achever, a redonné tout son éclat à la statue. Le marbre blanc a retrouvé sa blancheur originelle grâce à un délicat nettoyage tandis que l’auriculaire de la main droite de la Fileuse et les deux extrémités de sa quenouille, retrouvés dans la réserve du musée, ont été refixés, pour une meilleure compréhension de l’œuvre. À cette occasion, nous avons pu constater qu’a l’origine, la sculpture n’était pas entièrement blanche : au sommet de la quenouille, la touffe de laine (la source de prospérité) porte encore des traces de dorure. La statue est à redécouvrir dans le hall du Musée Antoine Lécuyer.
Hervé CABEZAS
Conservateur du Musée Antoine Lécuyer – Saint-Quentin
7 octobre 2003

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