Ci-dessous, extrait du « dictionnaire historique du département de l’Aisne » publié en 1857 par Maximilien Melleville (né le 28 avril 1807 à Laon et mort le 9 juillet 1872 à Paris), créateur de la société académique de Laon.
Début de l’extrait…
Bohain, autrefois Bohaing ou Boheng, en latin Silvestris hamus
Bourg de l’ancien Vermandois, bâti dans une plaine élevée et ondulée, à 58 km au nord de Laon et 22 de Saint-Quentin, autrefois de l’intendance d’Amiens, du bailliage de Saint-Quentin, de l’éléction de Guise, du diocèse de Cambrai ; aujourd’hui chef-lieu de canton, de l’arrondissement de Saint-Quentin, diocèse de Soissons.
Patron, Saint Martin.
Culture en 1760, 1700 arpents de terres, 10 arpents de prés, 1000 arpents de bois.
Population : 1760, 400 feux ; 1800, 2152 habitants ; 1818 2558 habitants ; 1836, 3393 habitants ; 1856, 4506 habitants.
Le nom de ce village dérive, on n’en peut guère douter, du vieux mot Bos, synonyme de bois, et de hamus, hameau, comme qui dirait : hameau des bois.
Colliette prétend que Bohain fut construit au 12ème siècle, par Gilles de Saint-Aubert, son premier Seigneur. Mais ce sentiment doit être erroné, car nous trouvons dès le milieu du 11ème siècle, des particuliers qui prennent le titre de Seigneurs de Bohain. Toutefois, il parait bien certain que Gilles de Saint-Aubert fut le constructeur du château féodal qui s’élevait autrefois dans ce bourg. A cette époque, la terre de Bohain relevait en plein fief des comtes de Vermandois. En 1182, Gérard de Saint-Aubert, Seigneur de Bohain, craignant de voir le roi Philippe Auguste réunir, comme il le fit en effet, le Vermandois à la couronne de France, et voulant par un esprit d’indépendance plutôt que par la crainte de se voir dépouiller de ses domaines, se soustraire à l’autorité de ce prince, s’imagina de se déclarer l’homme lige de l’abbé de Vermand, et se plaça lui, sa terre et ses successeurs sous la suzeraineté de ces religieux. Plus tard, cette vassalité étant devenue insupportable et humiliante aux possesseurs de Bohain, ils cherchèrent par plusieurs fois à s’y soustraire, mais toujours sans succès. Les Anglais saccagèrent Bohain en 1339, car ce bourg n’était point alors muni de moyens de défense ; mais, dans les premières années du 15ème siècle, la terre de Bohain, qui portait dès-lors le titre de châtellenie, étant passée par suite d’alliance dans les mains du connétable de Saint-Pol, ce seigneur fit entourer ce bourg de bonnes et solides murailles, et reconstruire le château. Les historiens célèbrent à l’envi la grandeur, la force et la magnificence de ce second château dont on voyait encore les ruines au milieu du siècle dernier. Ces fortifications ne purent préserver Bohain des malheurs de la guerre. Attaqué et pris par les Bourguignons en 1479, il fut repris par les Français deux années après. Les Anglais l’investirent de nouveau en 1523 et s’en rendirent maîtres à leur tour en 1536. Ils en firent encore le siège sept ans après, mais ne purent cette fois s’en emparer. Balagny le prt en 1588. Bientôt après il tomba au pouvoir des Espagnols, une première fois en 1593, et une seconde fois en 1636. Turenne le leur reprit l’année suivante. Dans des temps plus rapprochés de nous, Bohain eut encore à souffrir des invasions étrangères. En 1793, après la prise de Valenciennes, l’ennemi s’empara de ce bourg et le livra au pillage. L’année suivante, il fut encore maltraité par les Autrichiens.
En 1790, Bohain était régi à la police par un maire héréditaire nommé par le Seigneur du lieu ; aux causes civiles et criminelles par le bailli de ce seigneur avec appel au bailliage de Saint-Quentin, et aux bois par une vénerie particulière.
Bohain portait pour armes : de gueules, à la lettre B d’or, surmontée d’une couronne de même.
De la terre de Bohain relevaient autrefois neufs fiefs, dont celui de Sequehart était le plus important.
Bohain a donné le jour à Louis Braillon, médecin au 16ème siècle.
Fin de l’extrait…
